Dodeline
(Pol de Groeve - Christophe Pochon)
Dans le flou des vapeurs Les nuées de farine
Les gourmandes moiteurs
Qui embrument ta cuisine
Je suppute des senteurs
Agiter tes narines
Je pressens ta sueur
Couler en perles fines
Et puis je vois tes seins, tes seins qui dodelinent
J’entraperçois de dos
Ton corps qui dégouline
Sur un de ces vélos
Qu’on livre sans rustine
Tu roules par monts et vaux
Dans ta salle de gym
Pour tuer trois kilos
Rescapés du régime
Et j’imagine tes seins, tes seins qui dodelinent
Les dimanches de juin
Au bord de ta piscine
Couchée dans du rotin
Tu dors ou tu bouquines
A deux doigts de ta main
Un Perrier-grenadine
Et moi un peu plus loin
Est-ce que tu le devines ?
Et je pense à tes seins, tes seins qui dodelinent
Quand le ciel se noircit
D’un jet d’encre de chine
C’est l’heure où mon esprit
S’envole et s’achemine
Vers un secret lieu-dit
Où un lit baldaquine
Pour te servir de nid
A toi, jolie voisine
Et je rêve de tes seins, tes seins qui dodelinent





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